Faire pousser du thé, plante des climats subtropicaux, au pied des montagnes est le pari de Lucas Ben-Moura, cultivateur dans les Hautes-Pyrénées. Dans cet épisode de 53 minutes de Voix Sauvages, le podcast qui part à la rencontre de parcours uniques et de projets positifs, Marion Sadi lui tend son micro.

Au Domaine familial l’Arrieulat, les paysages montagneux encerclent les plantations de thé où Lucas a fondé en 2020 la première plantation de thé artisanal et agroécologique de la région.
L’aventure a pourtant commencé loin de sa terre natale et de ses origines béarnaises et bigourdanes. Diplômé de l’école d’ingénieurs AgroParisTech, Lucas s’était d’abord destiné à l’œnologie.
« Je pensais travailler dans le vin, qui cumule le côté agricole, les pratiques culturales et la qualité du produit. La partie dégustation et gastronomique du produit m’a toujours plu. »
C’est finalement en Asie que le jeune agronome, passionné de thé, découvre la culture du thé et toute sa richesse.
À son retour en France, il se lance dans le pari de créer une production locale, de terroir : des thés d’altitude bio, que le domaine présente comme des « grands crus ». Les feuilles sont cueillies à la main et transformées sur place, pour donner des thés blanc, noir et jaune.
Un défi, car le théier affectionne le climat subtropical et humide de l’Asie. Avec les gelées tardives de printemps et les fortes chaleurs dues au réchauffement climatique, Lucas et son équipe doivent constamment s’adapter pour faire vivre leur hectare de théiers. Et les premiers résultats sont encourageants.



Avec un bon paillage, un peu d'arrosage l'été et un désherbage manuel régulier, les théiers se portent à merveille ! On valide ainsi leur adaptation à nos climats, leur résistance au froid hivernal et à la sécheresse estivale, et la possibilité de produire du thé en agriculture biologique.
Un pari qui tombe à point, selon le bilan 2026 publié par le Syndicat du Thé et des Plantes à Infusion (STEPI), 68 % des foyers français ont acheté au moins une fois du thé ou une infusion au cours de l’année 2025. De quoi voir dans le thé local un produit d’avenir.
Dans ce podcast, il raconte cette aventure un peu folle, entre rêve d’ingénieur agronome, voyage en Asie et pratiques culturales.